Trop de communication politique tue la politique

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Après des décennies de militantisme, un début de carrière dans le milieu politique et un doctorat dans la discipline, j’arrive au stade où la politique dans sa manière de communiquer au plus grand nombre – c’est-à-dans les médias – me provoque une réaction épidermique. Simple réflexe ou début d’un symptôme, je ne saurai dire. N’étant pas encore gagner à la lassitude collective, il me fallait établir un diagnostic de cette communication politique qui, d’après moi, nuit à la politique.

Un élément de contextualisation au préalable : je vis au Québec. Bien que la situation ici décrite ne se limite nullement à la Belle-Province, mon observation est induite par une observation de plusieurs semaines de la campagne électorale. Celle-ci emprunte un faux rythme, une forme de routine, qui conduit les événements à se dérouler comme sur du papier à musique : avec l’immanquable polémique, les annonces de candidats ou candidates vedettes, les «analyses» des médias sur des points souvent anecdotiques, le sondage d’opinion, etc. Cette même récurrence des faits,  la conformité des acteurs dans leur(s) rôle(s) et position(s), m’invitent à croire que les «stratèges» en communication ont tous été à la même école : celle du mainstream.

Il y a, dans le milieu politique, une confusion insidieuse entre la conformité et le conformisme du message. Je m’explique. Pour qu’un message soit entendu, compris et assimilé par le plus grand nombre, qu’il crée de l’adhésion, il lui faut être conforme à des normes culturelles et sociales, un certain registre et – évidemment – aux médias qui le véhiculeront. S’il est nécessaire de se conformer aux moyens de transmission dans l’émission du message politique, chose qui influence quelque peu son contenu, il ne faut pas faire non plus faire de cette conformité l’unique substance du message. De même, il faut parfois savoir jouer des marges de la conformité pour atteindre d’autres populations, transmettre un autre propos.

C’est donc un équilibre délicat qu’il faut entretenir. Et comme il est plus aisé de le rompre que d’y travailler, les spin doctors débordent de pratiques communicationnelles pour donner aux électrices et électeurs des artifices d’originalité. Dès lors, ils communiquent tout le temps, sur tout, n’important quand. L’important, c’est de parler… de parler encore… d’avoir une opinion sur tout, sur n’importe quoi. Mais à force de s’apostropher et de se répondre, les communicants de tous bords finissent par mettre leurs pratiques au diapason, par animer exactement de la même manière le débat public. LE message politique se réduit alors à sa communication … Ce qui, au mieux, crée de l’ennui au sein de la population ; au pire, la désintéresse totalement.

Ne croyez surtout pas que le désintérêt d’une population envers la politique démontre de son ignorance ou qu’elle est symptomatique de son désengagement. Non, il est une étape dans ce procédé qui conduit à l’abstentionnisme. Crée, entretenu, suggéré par l’élite au pouvoir, il lui permet d’exclure la plèbe du débat démocratique. Rendre la politique ennuyeuse comme un dimanche pluvieux ou, inversement, aussi décérébrée que ces shows télévisés braillards, c’est le plan de l’idéologie dominante pour accroître l’abstention. Après, ils viendront avec leur morale : «des gens sont morts pour ces droits», pour assujettir le peuple au choix dominant. Mais le mal sera fait : la communication politique finira par tuer la politique.

Québec 2018 #4 – Les libéraux peuvent-ils encore gagner ?

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Bas, très bas dans les enquêtes d’opinion, le Parti libéral du Québec (PLQ) cherche à remonter la pente. Mais le PLQ peut-il encore gagner les élections d’octobre qui s’annoncent compliquées ? Analyse. 

Gagner des élections en contexte hostile est un art complexe et délicat. S’il y a plusieurs manières de procéder, celle pour laquelle PLQ semble avoir opté est celle de la carotte et du bâton. Sauf que cette stratégie – si elle a fait ses preuves par le passé – semble de plus en plus inopérante face aux populismes.

La stratégie de la carotte et du bâton pourrait être elle-même assimilée à du populisme si elle n’était pas si mécanique, si peu passionnelle. Elle consiste à alterner – selon les contingences – la rétribution et la punition.

D’une part, le PLQ tend la carotte en espérant que l’on y morde. En la circonstance, la carotte consiste en une série d’engagements de redistributions, par une multiplication de chantiers infrastructuraux, sectoriels et industriels à venir. Elle est une promesse de prospérité offerte aux Québécoises et aux Québécois pour susciter leur adhésion malgré des réticences objectives. Quoi que l’on puisse objecter sur la méthode, elle est possible uniquement lorsque le parti au pouvoir peut se prévaloir de l’embellie économie. En d’autres mots, il est plus délicat de proposer les fruits (ou les légumineuses, pour reprendre notre allégorie) de la croissance lorsqu’ils sont inexistants.

D’autre part, le PLQ agite le bâton pour écarter les formations rivales. Dès lors, il articule une communication véhémente, composée de déclarations tonitruantes de Philippe Couillard qui ne manque pas de comparer la Coalition avenir Québec (CAQ) à un parti d’extrême-droite, investie massivement dans les médias et sur les réseaux sociaux. On pourrait se demander pourquoi tant d’efforts, alors que le PLQ gouverne la province et jouit donc d’une couverture médiatique proportionnellement plus importante que celle de ces rivaux ? Trois raisons expliquent ce phénomène. Premièrement, et à l’exception d’un interlude de moins de deux ans, le PLQ gouverne le Québec depuis 2003. Il accuse une usure du pouvoir de plus en plus problématique puisqu’il essuie de fortes critiques. Sans relais d’opinion suffisamment puissant pour se faire entendre, il est donc dans une position quasi-équivalente à celle d’un outsider. Pour se faire entendre, il est donc obliger de donner de la voix. Deuxièmement, le PLQ doit reconquérir des espaces qu’il a laissé à l’abandon, notamment les réseaux sociaux. Puisque ces espaces se nourrissent de polémiques, il lui faut y être agressif pour ne pas être immédiatement agressé. Troisièmement, le moment populiste oblige un durcissement du propos afin que le PLQ puisse attaquer frontalement ses adversaires.

Il est bien trop tôt pour savoir si la carotte et le bâton ramèneront ces électrices et électeurs qui se laissent tenter par la CAQ ou celles et ceux qui – sans choisir le parti de François Legault – désertent le PLQ choisi autrefois par défaut et désormais quitté par dégoût à la suite des différents scandales de corruption et collusion, les années d’austérité économique, etc. Faire le choix de rejoindre ces deux publics – qui sont sociologiquement et politiquement différents – n’est pas une mauvaise tactique, mais la stratégie en cours n’est peut-être pas la meilleure à cet effet.

Je m’explique.

La stratégie de la carotte et du bâton revient à se montrer attractif, tout en agitant l’épouvantail du populisme. Or, cette stratégie présente quatre difficultés. Premièrement, le message risque de ne pas être reçu par les intéressé-e-s puisqu’il fait appel à deux sentiments contradictoires : l’attraction et la répulsion.  Elle risque donc d’être perçue comme une campagne de dénigrement ou, inversement, comme un appel au clientélisme. Deuxièmement, elle subodore que la CAQ sera conforme à elle-même ; c’est-à-dire qu’elle fasse campagne en s’opposant à l’État-providence et en attisant les peurs. Si c’est amplement dans ses cordes, la Coalition a démontré par le passé qu’elle sait prendre ses adversaires par revers. Autrement dit, il ne faut pas minimiser l’intelligence stratégique de ses dirigeants et la souplesse idéologique des électrices et électeurs caquistes. Troisièmement, cette stratégie anticipe que le Parti québécois (PQ) et Québec solidaire (QS) seront plutôt passifs, ou tout simplement inoffensifs. C’est là un pari extrêmement dangereux, puisque le PQ s’aligne sur la CAQ et QS cherche à se légitimer comme le seul parti social-démocrate. Quatrièmement, cette stratégie expose les faiblesses du PLQ à ses adversaires, lesquelles deviennent facilement exploitables. Il suffit donc de développer des procédés contradictoires pour affaiblir le PLQ, chose aisée pour qui a un minimum d’intelligence stratégique.

Bien évidemment, le PLQ est en mesure de gagner son pari avec sa stratégie, mais il faudrait alors que la CAQ perde le sien et que le PQ s’enlise définitivement dans les conflits internes au souverainisme. Le plus sage serait de réviser la stratégie lorsque la campagne s’accélérera, soit en la réduisant à un seul et unique angle d’attaque, soit en la complexifiant afin de la rendre d’une redoutable efficacité. Il y aurait également d’autres voies envisageables, mais – si la stratégie contribue à la victoire – faut-il encore que ceux qui l’espèrent s’en donnent les moyens.

 

Syrie : la guerre des polémistes

Cet article ne souhaite pas traiter du fond des propos  jugés controversés de Claude El Khal sur Le Média (vidéo ci-dessus), mais souligner une tendance nouvelle dans le traitement médiatique du conflit syrien : la polémique.

En effet, pendant plusieurs années, le conflit était traité de manière univoque : un journaliste présentait la situation, un expert donnait un éclairage, un témoin ou un leader d’opinion offrait ou retirerait sa caution morale. La France était alors présentée comme opposante au régime de Bachar Al-Assad, ralliée au combat contre Daesh, tout en se désolidarisant des groupuscules islamistes.

Sauf que cette position conventionnelle est de plus en plus contestée. On peut expliquer cette contestation par deux raisons :

Premièrement, les positions marginales gagnent en popularité. En effet, il existe depuis le début de la guerre des positions marginales, défendues par celles et ceux qui soutiennent l’islamisme ou, inversement, le régime. Ces positions se sont très peu exprimées dans le débat public, mais ont trouvé des modes de diffusion alternatifs. Ces mêmes modes de diffusion ont gagné en popularité et en public, notamment en devenant francophones et en parvenant à capter une plus large audience par la reproduction des standards médiatiques. L’exemple le plus parlant est peut-être le canal russe qui, par le biais des agences Sputnik et Russia Today devenues francophones depuis peu (2014 et 2017), diffuse le message pro-Assad.

Secondement, la position de la France est devenue intenable avec l’évolution du conflit. Sans vouloir reconnaître les Kurdes pour ne pas froisser la Turquie, sans vouloir soutenir les groupes islamistes contre le régime et n’ayant plus d’interlocuteur «respectable» puisque ce qui restait de l’opposition laïque est désormais représentative de plus rien, la France – comme la plupart des pays occidentaux – ne sait plus où se positionner comme survient une crise comme celle de Ghouta. Sans positionnement clair et martelé par les leaders d’opinion dans l’espace public, des idées subversives surviennent avec plus d’aisance.

Puisque la position conventionnelle s’érode, les médias créent de la polémique afin de la réanimer.

Mais créer une polémique n’est pas mince affaire. En témoignent les nombreuses déclarations de femmes et hommes politiques français qui se sont rangé-e-s après les attentats – et sans que ça ne provoque d’émoi – derrière l’idée gaullienne qu’il vaille mieux un personnage peu fréquentable comme Bachar Al-Assad que la chienlit. De même, il y a peu, j’écoutais cette émission à succès de France Culture : Du grain à moudre, où Caroline Galacteros préférait l’unité nationale syrienne – c’est-à-dire le régime – au terrorisme, appelant à un axe Washington-Moscou dans la défende des intérêts de l’occident. Ce genre de positions, inacceptables il y a peu, s’expriment désormais facilement et sans nécessairement créer la polémique. Pour qu’il y ait polémique, il faut du spectaculaire et non l’adhésion de personnalités de second rang ou des propos d’universitaire.

Pour créer de la polémique, il suffit certes d’opposer une position présentée comme conventionnelle à une position présentée comme subversive, mais pas seulement. Une position devient subversive lorsqu’elle contredit les conventions auxquelles elle se rapporte en outrepassant un tabou. C’est pourquoi une position marginale peut être reçue comme une position subversive dans le débat public lorsqu’elle reconnaît la légitimité des acteurs (dans notre cas, le régime ou les rebelles) dans de lutte au profit d’un dessein supérieur comme la lutte contre le terrorisme ou la lutte contre la tyrannie.

À l’inverse de la polémique, un débat ne poursuit aucun procédé. Il comprend une pluralité indéfinie de positions, lesquelles peuvent être – certes – majoritaires ou marginales, conventionnelles ou subversives, simplistes ou complexes, irréductibles les unes des autres ou plus souples, interprétables, etc. Sauf que, dans un débat, aucune position ne prévaut sur l’autre. D’où le pourquoi, un même orateur parviendra à défendre des idées contradictoires, à changer d’avis à mesure de la conversation et, parfois même, à se ranger du côté de son adversaire. Plus que le débat, la polémique exige du spectaculaire, lequel intervient lorsque des positions antagonistes, réifiant au possible la pensée des uns et des autres, alimentent la controverse autour d’un personnage ou d’une institution facilement identifiable. Le Média est donc une cible de choix.

Ainsi et n’en déplaise à Claude El Khal, mais sa position importe peu. Toute position qu’aurait prise Le Média – outre la conventionnelle – aurait immédiatement créé une polémique. Le Média bénéfice d’ailleurs de celle, car elle lui permet de s’affirmer dans le paysage médiatique français. Pour conclure avec des idées, celles d’El Khal ne sont finalement que  l’expression d’une tierce partie : du nationalisme laïc libanais. Renvoyer dos à dos régime et rebelles pour s’affirmer le tord de tous est un échappatoire tentant, sauf que, dans cette guerre, nul n’aura jamais raison.

Québec 2018 #1 – La CAQ et les autres

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Capture d’écran de l’article « exclusif » de La Presse

J-252 avant les élections provinciales

Avez-vous lu La Société du spectacle de Guy Debord ? Si pouvez dépasser la rhétorique marxiste quelque peu surannée de cet ouvrage, vous comprendrez probablement un point important qui explique le succès de la Coalition avenir Québec (CAQ) dans l’opinion : les médias ont besoin de spectacle pour alimenter leur industrie, d’où la nécessité pour eux de créer du spectaculaire.

N’importe quel(le) analyste à l’intelligence moyenne comprendrait que la CAQ – avec si peu de militants, aux finances modestes, avec une plateforme très peu novatrice – ne pèse pas lourd dans les équilibres provinciaux. Oui, mais …  la CAQ existe médiatiquement. Je n’ai pas le loisir de faire une étude comparative entre les différents partis, mais je serai prêt à parier que les temps d’antenne, le nombre d’articles, etc., sont profitables davantage à la CAQ qu’aux autres formations.

En témoigne cet article de La Presse qui nous annonce que … des gens réfléchissent à se présenter – peut-être – sous les couleurs de la CAQ, dans une circonscription encore indéfinie. Que d’incertitudes ! Entre temps, le NPDQ (Nouveau parti démocratique du Québec) a élu son nouveau chef. Mais pour cela, le propos peut-être lapidaire, l’analyste inexistante… Bref, les médias s’en foutent royalement puisque ça ne fait pas le spectacle. Gabriel Nadeau-Dubois a eu raison de relever qu’il suffit à Québec solidaire (QS) de critiquer le Parti québécois (PQ) pour avoir une couverture presse.

Bon, puisque parler des idées ennuie, puisque décrire des politiques publiques fatiguent, petit conseil aux autres partis que les médias ne donnent pas vainqueur par avance : créez le spectacle, mais surtout ne parlez pas d’islam puisque ça bénéficie exclusivement à la CAQ.

Congrès de la CAQ et du PLQ

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Ce week-end, la Coalition avenir Québec (CAQ) et le Parti libéral du Québec (PLQ) tenaient leur congrès, respectivement à Sherbrooke et à Québec. Généralement, après ces grands messes, les commentatrices et les commentateurs se contentent de relayer les grandes déclarations et les petites phrases. Suspectant les premières d’exister que pour brasser de l’air et les secondes de les polluer inutilement, je vous proposerai un nouveau souffle en m’intéressant plus spécifiquement à l’exercice qu’est un congrès et aux enjeux pour les deux formations.

Peut-être que votre journaliste préféré(e) ne s’en rend pas bien compte alors qu’il ou elle est escorté(e) par une armée de relationnistes, agitant son micro pour appâter une personnalité qui répondra à ses questions convenues ; probablement, le ou la député(e), qui a été élu(e) haut la main dans une circonscription verrouillée n’en a pas fait l’expérience ; pas plus que l’«expert » ou l’«experte» qui imagine la politique après obtenu(e) un doctorat sans avoir fait une minute de terrain ; mais un congrès c’est un travail titanesque.

Le rendez-vous n’est donc pas anodin. Préparé à l’extrême, celui-ci a trois objectifs :

1- Mobiliser les militants et les militantes :

En politique, le nerf de la guerre ce n’est pas l’argent, pas vraiment l’électorat, mais bien les militants et les militantes. Certes, bon nombre de politiciennes et de politiciens versés dans le cynisme semblent l’avoir oublier, autant que le militantisme est à la croisée des chemins, se transformant autant l’engagement décroît. Néanmoins, il reste  que, sans ces forces vives, point d’argent pour mener des campagnes, pas de petites mains pour participer à celles-ci, donc un vote difficile à sortir des urnes (même avec le talent d’un ou une leader charismatique). C’est pourquoi, un congrès est rarement organisé par des bénévoles, mais d’avantage par le personnel politique. Outre des questions financières et légales, la grand messe est justement là pour susciter une émulation chez eux. Et il faut dire que la CAQ et le PLQ en ont bien besoin. Si la première stagne en nombre de membres (environ 11 000) puisque sa démocratie interne n’exige pas de «faire des cartes», le PLQ connaît une chute vertigineuse des adhésions chaque année. Ce désengagement mérite bien des rendez-vous un peu plus festifs, comme le sont les congrès. Et puis. il y a l’effet de la socialisation qu’ils procurent, facilitant – entre autre – l’établissement d’un lien d’appartenance et la confiance réciproque entre personnes destinées à travailler ensemble.

2- Définir des orientations et les rôles :

Bien sûr, les grandes orientations sont définies en amont du congrès. Néanmoins, il ne faut pas totalement dénigrer l’exercice de la démocratie partisane, bien que cette dernière soit imparfaite ou illusoire ; dépendamment du parti. Les orientations qui se définissent dans ces événements de grande envergure sont peut-être moins formelles qu’une position partisane ou une ligne de la plateforme électorale, mais elles ont une forte importance puisqu’elles se couplent à la définition des rôles puisqu’s élections internes voient le renouvellement de tout l’appareil partisan. Couplées les orientations et les rôles permettent aux dirigeants de sonder la qualité des membres qui composent le parti, mais aussi de mettre en exergue les équilibres internes qui le régissent. Par exemple, il est certain que la commission-jeunesse du PLQ (CJPLQ) a démontré son poids sur les instances, voire même parfois son opposition, en devenant force de proposition. Inversement, la relève de la CAQ n’a pas vraiment le même rôle…

3- Préparer le(s) prochain(s) rendez-vous :

Après mobilisé les militants et les militantes, avoir défini les orientations et les rôles, un congrès sert aussi à préparer les prochains rendez-vous. Et c’est précisément sur ce point que mon article se conjugue au conditionnel.  À vrai dire, de ce que j’ai pu lire ou voir, je ne sais pas trop à quoi se préparent la CAQ et le PLQ… D’une manière superficielle, on pourrait penser que la CAQ capitalise sur sa bonne santé sondagière en se donnant une image lisse, avec un discours offensive et confiant. Le congrès devrait serait alors une démonstration de force autour de la personnalité de François Legault. Sauf que … la couverture média est mauvaise. Et les attaques ne sont pas celle d’un médium orienté, mais tous les médias à l’exemple du Journal de Québec :

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… ou de Radio Canada :

En fait, le but de l’opération est clair. On voudrait aller chercher le vote des jeunes familles avec une politique nataliste, et le vote identitaire en baissant le nombre d’immigrants.

Quand on essaie de faire un lien entre les deux, on voit que c’est une autre politique improvisée de la CAQ, sans que l’ensemble donne un programme de gouvernement qui peut être cohérent.

Michel C. Auger

Certes, la couverture médias n’est pas terrible pour le PLQ, mais faut-il vraiment comparer le parti qui connaît l’usure du pouvoir au parti à qui on prédit le pouvoir (je ne m’inclus pas dans le «on», refusant de participer à ce jeu) ? La question n’est qu’oratoire… Dans la réalité, le Phillipe Couillard s’est montré davantage offensif que la CAQ, tandis que celle-ci a présenté publiquement ses outils, sa stratégie et ses orientations à 10 mois des élections. C’est quelque peu périlleux … surtout, s’il n’y a pas de plan B.