Comment faire un buzz politique ?

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Dans ce tutoriel, Politisme.com vous apprend à générer un gros buzz pour un media cover optimal. Que vous soyez élu ou staffer, cet article est fait pour vous.

 

1. Prenez un bon stéréotype

La subtilité ? C’est tellement 2016 ! Avec le Brexit, la victoire de Trump ou  celle de Macron, l’important en politique de nos jours c’est la customer experience. Pas besoin de programmes et encore moins d’idées, il faut savoir transmettre des émotions… Et quelle meilleure émotion que le souvenir d’un grand-père râleur ? Prenez un stéréotype, débarrassez de son côté un peu raciste, mais gardez l’authenticité du mépris et un petit côté subversif.

Des exemples ?

  • Les fonctionnaires, c’est tous feignasses !
  • Nos impôts servent à nourrir les immigrés !
  • Un prof, c’est un gauchiste toujours en vacances !

 

2. Attaquez-vous à une institution

Les first influenceurs, ce sont souvent les gens. Si vous voulez faire le buzz et que votre organisation n’a pas beaucoup de relais puisque vous avez seulement quelques bénévoles, un ou deux stagiaires et des directeurs bien trop occupés pour jouer aux twittos, attaquez-vous à une institution. Fonction publique, classe sociale ou même ethnie ? Mais attention, ne risquez pas un procès et évitez l’insulte (mais remplacez la par du mépris, c’est permis !).

Les 4 caractéristiques d’un groupe parfait :

  1. Le groupe doit être connu,
  2. assez désorganisé,
  3. avec une masse critique,
  4. avec des gens impliqués.

 

3. Faites vos visuels sur Paint 

Achetez une licence à des geeks quelque part en Californie ou payez un «artiste» pour faire vos memes ? Pas besoin ! Il vous suffit d’ouvrir Paint, de tracer un rectangle et d’écrire votre stéréotype au milieu, en gros. Utilisez une police d’écriture dégueulasse, genre Comic sans MS, pour que ce soit pornographique. Un logo, et le tour est joué !

De l’inspiration ?

Le gros stéréotype sans une once de subtilité, le coup de pied à l’éducation nationale et le design avec son clipart sur gauche, on a A-DO-RÉ !

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BONUS 

Et si jamais vous rencontrez quelques difficultés à la suite à votre buzz, virez le directeur de la communication après lui avoir publiquement fait porter le chapeau. De toute manière, vous savez faire son travail vu qu’il vous suffit de pondre n’importe quoi et de savoir ouvrir Paint !

 

La fin des universités d’été

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La politique est rythmée par des rites, parsemée de symboles. Les analystes – et au premier rang desquels figure votre serviteur – ont tendance à suspecter quelque chose lorsque les rites dérapent et que les symboles ordinairement associés à ceux-ci s’évadent.

Parmi ces rites, la « rentrée » politique donne lieu à une série d’événements, dont les fameuses « universités d’été » qui annoncent, voire célèbrent, un nouveau cycle politique.

Pourtant, voici deux ans de suite que le Parti socialiste (PS) trouve une excuse pour éviter de les organiser. L’an dernier, des « raisons de sécurité » avaient été invoquées. Cette année, les caisses seraient vides… Du côté de la droite, Les Républicains (LR) et le Front National (FN) abandonneraient également ce format. Manque de moyens et divisions insurmontables, dit-on ici et là.

Allant comme toujours vite en conclusions, des commentateurs annoncent déjà  la fin des universités d’été. À les lire, ce genre de rendez-vous serait suranné, devenu bien peu convainquant face aux partis « non-traditionnels » qui, à l’aide du grand machinbiduling (ou l’usage de mot en anglais pour signifier la différence, l’efficacité, l’innovation et autre, tout ça dans la continuité du Marché), feraient mieux. Probablement, si La République En Marche (LREM) se serait prêtée au jeu, ses chiens de garde auraient aboyé différemment.

En dépit de leur désintérêt partisan et/ou de leur réduction intellectuelle, la non-traditionnelle France Insoumise (FI) organisera sa première grand-messe. Et quid de Podemos en Espagne pourtant jugée « originale » par ces mêmes annonciateurs de la fin de la politique et de la mort de la gauche, qui s’astreint chaque année à l’exercice ?

Bref, la « disparition » des universités ne tient pas à la contingence ou à une manière de faire de la politique passée de mode. Elle est stratégique. Au PS, les cadres du parti cherchent à se débarrasser de ce qui reste de l’aile gauche qui a encore de l’influence, surtout dans ces rendez-vous partisans encore fortement chargés symboliques. Pour LR, les ténors souhaitent ne pas entretenir le débat alors qu’un groupe parlementaire dissident – insistons – n’attend que ça.

Enfin, que les uns et les autres se rassurent : le Mouvements des entreprises de France (MEDEF) tiendra son université d’été