Faire de la «politique autrement»

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Annoncée depuis plusieurs jours, une fronde tout ce qu’il y a de plus symbolique devrait amener une centaine de «marcheurs» (désignation des membres du parti d’Emmanuel Macron : La République En Marche, LREM) à démissionner bruyamment à la veille du congrès de leur parti.  Dans une tribune, ceux qui se surnomment les « 100 démocrates » espéraient :

(…) pouvoir s’engager derrière un homme, avec la promesse d’en finir avec la politique comme profession réglementée et tout faire pour que les citoyens soient mieux associés aux décisions qui les concernent.

Sauf que la «politique autrement» n’est jamais advenue. À en croire leurs propos, c’est plutôt une professionnalisation rampante, un marketing électoral agressif, une absence de démocratie interne, un culte de la personnalité quasi-sectaire et des violences partisanes qui décrivent le mieux le fonctionnement interne de la LREM. Ambiance.

On pourrait expliquer ces espoirs gâchés d’une manière cynique, soulignant la naïveté de ces honnête citoyens, mystifiés par des politiciens professionnels qui – comme des charlatans – leur ont vendu de la poudre de perlimpinpin. Mais cette assertion a une limite quantifiable : pourquoi certains y ont cru et d’autres non ?

Je pense en effet que ceux qui ont été fascinés par le personnage d’Emmanuel Macron avant de perdre la foi, ou les victimes de la manipulation médiatique, forment une minorité. Une minorité car les citoyens politisés sont bien moins irrationnels et bien plus raisonnés qu’on veut bien les présenter. Le vote tient du contrat. Et comme dans tous contrats, ceux qui votent pour une promesse acceptent le risque qu’elle ne soit pas tenue puisque la représentation politique n’est pas reliée à un mandat impératif.

Si l’explication cynique ne tient pas, c’est peut-être parce que ceux qui – s’engageant au-delà de cette expression privée qu’est le vote en soutenant publiquement l’objet de la promesse – acquièrent grâce à elle un certain capital symbolique. À l’épreuve de la réalité, ce même capital s’épuise et ils ressentent de la déception. Autrement dit, ceux qui désertent LREM au prétexte que la politique autrement n’ait pas fonctionné sont les responsables malheureux de cet échec.

Mais rassurons-les, la politique autrement n’aurait jamais pas su s’imposer tant que les marcheurs collent aux talons d’Emmanuel Macron.

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Explications.

Emmanuel Macron n’est pas le premier à plaider pour une autre manière de faire de la politique. Citons par exemple Ségolène Royal en 2007, avec son mouvement et sa démocratie participative. Ne-pas-faire-comme-tout-le-monde est d’ailleurs le titre d’une petite musique qui se joue à chaque campagne. Si l’on tend bien l’oreille, elle raisonne plus spécialement à un moment précis : lorsque le (la) candidat(e) s’aperçoit que ses rangs sont clairsemés.

La politique autrement devient alors le cri de ralliement pour s’adjoindre des forces vives, lesquelles ont besoin d’un fait légitimant pour migrer vers le (la) candidat(e) en question ou capitaliser sur une nouvelle légitimité puisqu’elles sont composés principalement d’outsiders sur le champ politique. Sauf que la politique autrement sonne faux à mesure que la campagne avance. Il suffit d’avoir un peu de succès, quelques transfuges de poids, et les pratiques habituelles du champ politique impriment immédiatement leur marque.

La politique autrement reste alors un slogan à destination des électeurs, un élément de langage pour les journalistes, un moyen de garder certains militants qui ne mouillerait pas la chemise s’il s’agissait juste de politique, mais pour le personnel politique, pour les élus, ça n’engage à rien. On revient donc aux bonnes vieilles pratiques dès que l’on obtient le pouvoir. La politique autrement, face à la professionnalisation du politique, aux institutions républicaines, à l’idéologie dominante, ce n’est qu’un répertoire d’action.

Outre cet argument, il y a aussi quelque chose qui coince théoriquement. Comme je l’ai écrit précédemment (Qu’est-ce que la macronisme ?), les idées … ce n’est pas le fort d’Emmanuel Macron. Surtout que l’idée d’une alternative aux pratiques politiques de la démocratie représentative est davantage l’apanage des idéologies qui la contestent. Vous ne voyez pas où je veux en venir ? Alors permettez-moi d’insister : comment peut-on gouverner en utilisant toutes les institutions de la Ve République – et plus spécifiquement les ordonnances  – et espérer « associer les citoyens à la décision » ?

Si le paradoxe est là, je suspecte toutefois qu’il existe une ambition véritable chez Emmanuel Macron pour faire de la politique autrement : celle qui consiste à substituer la décision démocratique à la gestion publique. C’est là le programme du managérialisme, auquel la plupart des marcheurs n’adhèrent pas. Alors, aucune inquiétude start-up nation followers !

100 après la Déclaration Balfour : un état du sionisme

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Le 2 novembre 1917, Arthur Balfour – ministre des affaires étrangères du Royaume-Uni – adressait une lettre ouverte à l’attention de Lord Rothshild, membre prééminent du mouvement sioniste  :

Cher Lord Rothschild

J’ai le grand plaisir de vous adresser de la part du Gouvernement de Sa Majesté la déclaration suivante, sympathisant avec les aspirations juives sionistes, déclaration qui, soumise au cabinet, a été approuvée par lui.

“Le Gouvernement de Sa Majesté envisage favorablement l’établissement en Palestine d’un Foyer national pour le peuple juif et emploiera tous ses efforts pour faciliter la réalisation de cet objectif, étant clairement entendu que rien ne sera fait qui puisse porter atteinte soit aux droits civils et religieux des collectivités non juives existant en Palestine, soit aux droits et au statut politiques dont les Juifs disposent dans tout autre pays.”

Je vous serais obligé de porter cette déclaration à la connaissance de la Fédération sioniste.

Arthur James Balfour

Trente ans après – et non sans résistance des autorités britanniques – l’ONU approuvait le plan de partage de la Palestine, annonçant la création de l’État d’Israël. Mais cent ans plus tard, c’est un autre État qui ne parvient pas à naître : celui même qui est composé des «collectivités non juives existant en Palestine», d’après les mots d’Arthur Balfour.

Mais avant parler de la reconnaissance de la Palestine, il me faut insister que, malgré péripéties qui suivront après cette lettre ouverte connue dans l’histoire pour être la «Déclaration Balfour», celle-ci fut le premier engagement d’un État à reconnaître le droit irréductible à la nation juive de s’établir sur sa terre ancestrale.

La Déclaration Balfour suscita un espoir immense dans les communautés juives. Mais cet espoir, après un siècle, s’est tari. Il s’est tari car le sionisme n’est plus ce mouvement pluraliste qui ambitionnait de créer une société nouvelle en s’appuyant sur une tradition millénaire.

Le sionisme de Thedor Herzl – mais aussi le sionisme anarchiste, marxiste, socialiste, écologiste, voire même libéral –  n’existe plus ou s’est réduit utilement à la défense des institutions laïques et des rares acquis sociaux qui ont survécu aux politiques néolibérales.

Le sionisme se cristallise désormais dans un jingoïsme d’inspiration jabotinskienne qui oppose l’ami de l’ennemi, réduit tout enjeu de société à la lutte entre un laïcisme ethnicisant et un fondamentalisme religieux. Ce sionisme – présent en Israël comme en diaspora – se trompe lorsqu’il cherche à interférer avec la reconnaissance de la Palestine comme nation. Il devrait  plutôt aider les Palestiniens dans cette voie. Ainsi, il ne donnerait pas à ses ennemis et à leurs alliés objectifs un chapitre de plus dans leur propagande antisioniste.

100 ans après la Déclaration Balfour qui lui promettait à Israël l’établissement d’un foyer juif, le sionisme doit se réinventer au-delà du cadre ténu de l’État-nation dans lequel il semble enfermé. Sans quoi, il risque de suivre la même voie que bon nombre de nationalismes confrontés à des menaces extérieurs comme intérieures, c’est-à-dire entre le régime autoritaire et la théocratie.

Un État peut-il être neutre ?

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La question de la neutralité devient de plus en plus redondante dans le débat public. Elle s’est imposée en France l’été dernier avec la polémique sur le burkini. Après l’initiative populaire contre la construction des minarets de 2009, la Suisse va bientôt se la poser de nouveau puisqu’une initiative populaire visant à interdire la burqa a été déposée. Au Québec, c’est le controversé projet de loi 62 (ou Loi favorisant le respect de la neutralité religieuse de l’État et visant notamment à encadrer les demandes d’accommodements pour un motif religieux dans certains organismes) qui interroge la neutralité par son intitulé même. Puisque la francophonie est décidée à vivre un psychodrame, il me fallait article sur ce sujet en espérant injecter un peu de raison dans cette folie collective.

Les lecteurs de Politisme se souviennent probablement d’un article précédent : Vers une science politique «neutre» ?, où j’interrogeai la partialité chez les politistes, politologues et différents experts appelés à intervenir dans le débat public. Le propos ici n’interrogera pas tant des acteurs de la politique en particulier pour débattre quant à l’entité censée la réguler, c’est-à-dire l’État.

Certes, il n’existe pas d’État sans les individus qui l’incarnent et, donc, qui créent, modifient ou annulent les règles existantes. Toutefois, il existe bel et bien un État au-delà de ces derniers puisqu’il génère des représentations et des pratiques auxquelles ils se conforment ou, inversement, s’opposent. L’État est donc à la fois un objet politique et un sujet politique. Cette duplicité est la raison pour laquelle la question de la neutralité crée bien souvent des incompréhensions.

Développons.

Comme objet politique, l’État est la raison pour laquelle s’affrontent différents groupes sociaux dans leur but de conquérir ou de garder le pouvoir. Ces groupes ne sont jamais neutres, puisque leur affrontement politique est corollaire à des tensions sociales qui s’expriment par différentes idéologies. Le groupe victorieux aura donc tendance à orienter l’État selon l’idéologie devenue alors dominante.

Si l’État n’est jamais neutre idéologiquement, la sécularisation croissante de la société fait-elle en sorte qu’il puisse l’être religieusement ?

Si vous avez visionné la vidéo consacrée à l’idéologie, vous savez d’ores et déjà que toute idéologie est un ensemble de concepts concourant à définir un concept décontesté. Parmi ces concepts, certaines interprétations sont d’origine ou d’influence religieuse. S’il existe peu de partis politiques dans la francophonie qui se réclament explicitement d’une religion, la religion a grandement participé à définir la politique dans ces pays. C’est le cas par exemple des contributions de Thomas D’Aquin ou de Francisco de Vitoria (pour ne citer qu’eux) au droit des gens , l’«ancêtre» du droit international.

Maintenant, reconnaître un biais religieux au sein d’une idéologie ne veut pas dire qu’elle soit religieuse pour autant. Si vous vous exclamez d’un « Oh mon Dieu ! » en lisant mes articles, ça ne fait pas de vous les promoteurs du monothéisme. Néanmoins, cette expression signifie que vous évoluez dans un contexte où le monothéisme est suffisamment dominant pour moduler votre langage. Il en va de même pour la politique où des religions sont intervenues dans les représentations et dans les pratiques ordinaires, sans que la religion y subside partout, en tout, pour tout. L’État n’est pas donc pas neutre, mais il peut le devenir.

Et ce constat de manque de neutralité de l’État est plutôt ancien. Sans aller trop loin dans la démonstration que nos polémiques contemporaines ne sont que la continuité de problèmes multiséculaires, c’est le libéralisme de John Locke qui, dans le contexte d’une Angleterre embrasée par les conflits de religions, déduit la nécessité d’un pluralisme des expressions religieuses au sein de l’État comme objet politique et, réciproquement, d’une sécularisation l’État comme sujet politique pour faciliter par tolérance de cette diversité de points de vue. Autrement dit, ce ne sont pas les expressions politiques qui doivent être neutres, mais bien le cadre dans lequel elles s’expriment.

C’est pourquoi, selon Locke, l’État n’a pas à réglementer les attitudes, les conduites, les pratiques ou les représentations religieuses. Malgré le principe, la tolérance qu’invoque Locke dépend in fine des acteurs qui incarnent l’État. Locke, lui-même, ne parlait de tolérance que pour les différentes confessions chrétiennes. Quant aux autres… Et bien… On pourrait objecter qu’une démocratie «neutre» au possible qu’est la France – car les fonctionnaires ont cette obligation en vertu du droit – y échappe partiellement. En effet, elle octroie comme jours fériés des fêtes catholiques. On me rétorquera probablement à cette assertion : «Oui, mais l’histoire !» L’histoire, c’est justement ce qui empêche l’État d’être un sujet politique pour en faire l’objet d’un héritage, d’une chasse-gardée de certains individus. Et puis à l’argument historique, il me plaît de répondre : autrefois, on fêtait l’anniversaire roi, et pourtant la République…

Si l’on croit en la neutralité de l’État, il faut donc le séculariser en neutralisant toute acceptation religieuse. La problématique avec cette assertion, c’est qu’elle est soit émise par des antireligieux caricaturaux, soit stigmatisée à l’extrême par leurs adversaires. À vrai dire, on pourrait très bien séculariser l’État sans nécessairement raser des églises, décrocher des croix, renommer les édifices ou les villages, etc.

Pour ce faire, il suffirait de réduire ce qui est l’ordre du patrimoine à ce qu’il est : des biens meubles et immeubles, acceptant que d’autres bien deviennent «patrimoniaux» sans qu’ils en dépendent expressément de l’État. Concernant le calendrier, il existe un système qui a fait ses preuves : celui des congés payés. Ainsi il suffirait de définir un nombre moyen de jours fériés religieux que l’individu prendrait à sa guise. Et si quelqu’un ne croit en rien et n’est sujet à aucune tradition, libre à lui d’écourter ses semaines ! Pareil pour dimanche, lequel pourrait devenir un jour hebdomadaire sans bloquer un jour en particulier.

Si des solutions existent, pourquoi rien n’est fait pour rendre l’État concrètement neutre ? Et bien, tout simplement car la neutralité de l’État n’arrange pas ceux qui  ont le pouvoir, ni même ceux qui souhaitent l’obtenir.

Il existe plusieurs explications à cela.

Premièrement, parce que la question de la neutralité est bien plus large que la seule neutralité religieuse. Elle questionne la neutralité sociale, idéologique, académique, etc. Tout ceci impliquerait une meilleure distribution des rôles et des positions, voire empêcherait la reproduction de la classe dominante ou l’accession au pouvoir d’une autre.

Deuxièmement, parce que la neutralité est davantage un faire-valoir qu’un véritable programme. Pas besoin de mener une enquête pour comprendre que ses promoteurs exigent que certaines populations soient plus neutres que les autres. C’est d’ailleurs étrange que les partisans les plus farouches de ladite «neutralité» épargnent toujours d’autres populations dont l’idéologie, la religion ou le mode de vie n’aurait pas à se conformer aux obligations de neutralité.

En guise de conclusion, une citation :

La neutralité aide l’oppresseur, jamais la victime.

Élie Wiesel

[VIDEO] L’idéologie

Puisqu’il ne suffit pas de mettre un -isme à la fin d’un mot, voici une vidéo qui introduit ce qu’on entend par «idéologie».

Les connaisseurs suspecteront l’influence notable de deux auteurs dans la préparation de cette vidéo :

  • Freeden, M. (1996). Ideologies and Political Theory. A Conceptual Approach. Oxford : Oxford University Press.
  • Mannheim, K. ([1929] 2006). Idéologie et utopie. Paris : Éditions de la Maison des sciences de l’homme.

N’hésitez pas à vous abonnez à la chaîne Youtube et à partager cette vidéo !

D’autres vidéos suiveront.

#balancetonporc #moiaussi #metoo

balancetonporc

Peut-être les lecteurs de cet article n’auront pas la curiosité de cliquer sur la page « À propos », aussi me faut-il l’expliciter : je suis un homme. Qui plus est, je suis un homme hétérosexuel. Cette précision est importante car une forme d’hétéro-normativité définit mon mode de vie, mes habitudes, allant de mon cadre familiale jusqu’à l’orientation de certains de mes choix. Si je n’ai jamais eu honte de ce que je suis, j’ai toujours différencié mon genre d’un virilisme abscons.

Je ne parle pas ici d’humour ou de gauloiseries, pas plus que cette idiotie qui – malheureusement – n’épargne personne, mais bien d’une idéologie qui procède de la discrimination systématique des sexes pour établir une hiérarchie au profit des mâles. Si le virilisme peut-être homosexuel, il est largement pratiqué au nom d’une hétérosexualité dominante et dominatrice.

Comme toute idéologie qui n’est pas loin d’être arrivée à ses fins, le virilisme constatera toujours qu’il existe parmi la masse des femmes qu’il domine, certaines qui sont insoumises, parfois même puissantes. Des exceptions en somme que le virilisme tolère puisqu’il faut bien qu’il rappelle son emprise par moment. Aussi, il instrumentaliste la contestation, ne donnant la parole si possible qu’à des stéréotypes de femmes castratrices pour créer du repli, pour encourage la défiance.

Sauf que, parfois, il existe des mouvements de fond sans figure caricaturale. Parmi ceux-ci, la dénonciation du harcèlement par le hashtag #balancetonporc (dans sa version française), #moiaussi (dans sa version québécoise) ou #metoo (en anglais) en est un.

Évidemment, les intellectuels organiques du virilisme montent au créneau et dénoncent la «délation» que provoque ce mouvement. Sauf que, n’en déplaisent aux Raphaël Enthoven de ce monde, il ne peut avoir délation si personne n’est désigné.

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De plus, la comparaison foireuse d’un certain Éric Zemmour avec la délation des Juifs durant la Seconde guerre mondiale est amnésique des faits historiques, et surtout oublieuse du statut de victime. Qui est la victime ? L’harceleur ou l’harcelée ? Pour rappel, ce sont pas les bourreaux qui ont été amenés dans les camps de la mort, mais bien les victimes. Il n’y a donc pas délation, mais bien dénonciation.

Et encore, une dénonciation qui anonymise l’harceleur puisque le droit le protège… En parlant de droit, et pour ces intellectuels de pacotille qui s’exaspèrent : « il ne faut pas outrepasser la justice ! », rappelons qu’un harcèlement est excessivement dur à prouver. Et puisque j’ai le droit moi aussi à mon point Godwin : je note avec effroi que les victimes d’hier étaient considérées comme criminelles par le droit établi par les lois de Nuremberg, par les lois de Vichy.

Ce n’est pas pareil ? Bravo, vous êtes arrivé à la conclusion la plus raisonnable : ne pas apprécier l’histoire avec les problèmes d’aujourd’hui. N’empêche que le droit n’a pas être la raison des puissants et c’est pourquoi il faut faciliter la dénonciation juridique – mais aussi sociale – du harcèlement. Si une femme use d’un hastag plutôt que saisir un juge pour dénoncer son agresseur, c’est bien qu’il y a un problème majeur.