Congrès de la CAQ et du PLQ

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Ce week-end, la Coalition avenir Québec (CAQ) et le Parti libéral du Québec (PLQ) tenaient leur congrès, respectivement à Sherbrooke et à Québec. Généralement, après ces grands messes, les commentatrices et les commentateurs se contentent de relayer les grandes déclarations et les petites phrases. Suspectant les premières d’exister que pour brasser de l’air et les secondes de les polluer inutilement, je vous proposerai un nouveau souffle en m’intéressant plus spécifiquement à l’exercice qu’est un congrès et aux enjeux pour les deux formations.

Peut-être que votre journaliste préféré(e) ne s’en rend pas bien compte alors qu’il ou elle est escorté(e) par une armée de relationnistes, agitant son micro pour appâter une personnalité qui répondra à ses questions convenues ; probablement, le ou la député(e), qui a été élu(e) haut la main dans une circonscription verrouillée n’en a pas fait l’expérience ; pas plus que l’«expert » ou l’«experte» qui imagine la politique après obtenu(e) un doctorat sans avoir fait une minute de terrain ; mais un congrès c’est un travail titanesque.

Le rendez-vous n’est donc pas anodin. Préparé à l’extrême, celui-ci a trois objectifs :

1- Mobiliser les militants et les militantes :

En politique, le nerf de la guerre ce n’est pas l’argent, pas vraiment l’électorat, mais bien les militants et les militantes. Certes, bon nombre de politiciennes et de politiciens versés dans le cynisme semblent l’avoir oublier, autant que le militantisme est à la croisée des chemins, se transformant autant l’engagement décroît. Néanmoins, il reste  que, sans ces forces vives, point d’argent pour mener des campagnes, pas de petites mains pour participer à celles-ci, donc un vote difficile à sortir des urnes (même avec le talent d’un ou une leader charismatique). C’est pourquoi, un congrès est rarement organisé par des bénévoles, mais d’avantage par le personnel politique. Outre des questions financières et légales, la grand messe est justement là pour susciter une émulation chez eux. Et il faut dire que la CAQ et le PLQ en ont bien besoin. Si la première stagne en nombre de membres (environ 11 000) puisque sa démocratie interne n’exige pas de «faire des cartes», le PLQ connaît une chute vertigineuse des adhésions chaque année. Ce désengagement mérite bien des rendez-vous un peu plus festifs, comme le sont les congrès. Et puis. il y a l’effet de la socialisation qu’ils procurent, facilitant – entre autre – l’établissement d’un lien d’appartenance et la confiance réciproque entre personnes destinées à travailler ensemble.

2- Définir des orientations et les rôles :

Bien sûr, les grandes orientations sont définies en amont du congrès. Néanmoins, il ne faut pas totalement dénigrer l’exercice de la démocratie partisane, bien que cette dernière soit imparfaite ou illusoire ; dépendamment du parti. Les orientations qui se définissent dans ces événements de grande envergure sont peut-être moins formelles qu’une position partisane ou une ligne de la plateforme électorale, mais elles ont une forte importance puisqu’elles se couplent à la définition des rôles puisqu’s élections internes voient le renouvellement de tout l’appareil partisan. Couplées les orientations et les rôles permettent aux dirigeants de sonder la qualité des membres qui composent le parti, mais aussi de mettre en exergue les équilibres internes qui le régissent. Par exemple, il est certain que la commission-jeunesse du PLQ (CJPLQ) a démontré son poids sur les instances, voire même parfois son opposition, en devenant force de proposition. Inversement, la relève de la CAQ n’a pas vraiment le même rôle…

3- Préparer le(s) prochain(s) rendez-vous :

Après mobilisé les militants et les militantes, avoir défini les orientations et les rôles, un congrès sert aussi à préparer les prochains rendez-vous. Et c’est précisément sur ce point que mon article se conjugue au conditionnel.  À vrai dire, de ce que j’ai pu lire ou voir, je ne sais pas trop à quoi se préparent la CAQ et le PLQ… D’une manière superficielle, on pourrait penser que la CAQ capitalise sur sa bonne santé sondagière en se donnant une image lisse, avec un discours offensive et confiant. Le congrès devrait serait alors une démonstration de force autour de la personnalité de François Legault. Sauf que … la couverture média est mauvaise. Et les attaques ne sont pas celle d’un médium orienté, mais tous les médias à l’exemple du Journal de Québec :

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… ou de Radio Canada :

En fait, le but de l’opération est clair. On voudrait aller chercher le vote des jeunes familles avec une politique nataliste, et le vote identitaire en baissant le nombre d’immigrants.

Quand on essaie de faire un lien entre les deux, on voit que c’est une autre politique improvisée de la CAQ, sans que l’ensemble donne un programme de gouvernement qui peut être cohérent.

Michel C. Auger

Certes, la couverture médias n’est pas terrible pour le PLQ, mais faut-il vraiment comparer le parti qui connaît l’usure du pouvoir au parti à qui on prédit le pouvoir (je ne m’inclus pas dans le «on», refusant de participer à ce jeu) ? La question n’est qu’oratoire… Dans la réalité, le Phillipe Couillard s’est montré davantage offensif que la CAQ, tandis que celle-ci a présenté publiquement ses outils, sa stratégie et ses orientations à 10 mois des élections. C’est quelque peu périlleux … surtout, s’il n’y a pas de plan B.

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