#balancetonporc #moiaussi #metoo

balancetonporc

Peut-être les lecteurs de cet article n’auront pas la curiosité de cliquer sur la page « À propos », aussi me faut-il l’expliciter : je suis un homme. Qui plus est, je suis un homme hétérosexuel. Cette précision est importante car une forme d’hétéro-normativité définit mon mode de vie, mes habitudes, allant de mon cadre familiale jusqu’à l’orientation de certains de mes choix. Si je n’ai jamais eu honte de ce que je suis, j’ai toujours différencié mon genre d’un virilisme abscons.

Je ne parle pas ici d’humour ou de gauloiseries, pas plus que cette idiotie qui – malheureusement – n’épargne personne, mais bien d’une idéologie qui procède de la discrimination systématique des sexes pour établir une hiérarchie au profit des mâles. Si le virilisme peut-être homosexuel, il est largement pratiqué au nom d’une hétérosexualité dominante et dominatrice.

Comme toute idéologie qui n’est pas loin d’être arrivée à ses fins, le virilisme constatera toujours qu’il existe parmi la masse des femmes qu’il domine, certaines qui sont insoumises, parfois même puissantes. Des exceptions en somme que le virilisme tolère puisqu’il faut bien qu’il rappelle son emprise par moment. Aussi, il instrumentaliste la contestation, ne donnant la parole si possible qu’à des stéréotypes de femmes castratrices pour créer du repli, pour encourage la défiance.

Sauf que, parfois, il existe des mouvements de fond sans figure caricaturale. Parmi ceux-ci, la dénonciation du harcèlement par le hashtag #balancetonporc (dans sa version française), #moiaussi (dans sa version québécoise) ou #metoo (en anglais) en est un.

Évidemment, les intellectuels organiques du virilisme montent au créneau et dénoncent la «délation» que provoque ce mouvement. Sauf que, n’en déplaisent aux Raphaël Enthoven de ce monde, il ne peut avoir délation si personne n’est désigné.

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De plus, la comparaison foireuse d’un certain Éric Zemmour avec la délation des Juifs durant la Seconde guerre mondiale est amnésique des faits historiques, et surtout oublieuse du statut de victime. Qui est la victime ? L’harceleur ou l’harcelée ? Pour rappel, ce sont pas les bourreaux qui ont été amenés dans les camps de la mort, mais bien les victimes. Il n’y a donc pas délation, mais bien dénonciation.

Et encore, une dénonciation qui anonymise l’harceleur puisque le droit le protège… En parlant de droit, et pour ces intellectuels de pacotille qui s’exaspèrent : « il ne faut pas outrepasser la justice ! », rappelons qu’un harcèlement est excessivement dur à prouver. Et puisque j’ai le droit moi aussi à mon point Godwin : je note avec effroi que les victimes d’hier étaient considérées comme criminelles par le droit établi par les lois de Nuremberg, par les lois de Vichy.

Ce n’est pas pareil ? Bravo, vous êtes arrivé à la conclusion la plus raisonnable : ne pas apprécier l’histoire avec les problèmes d’aujourd’hui. N’empêche que le droit n’a pas être la raison des puissants et c’est pourquoi il faut faciliter la dénonciation juridique – mais aussi sociale – du harcèlement. Si une femme use d’un hastag plutôt que saisir un juge pour dénoncer son agresseur, c’est bien qu’il y a un problème majeur.

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