Montréal 2017 – Le parti des indécis

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Le sondage (Mainstreet/Qc125) nous donne une petite idée des tendances actuelles, alors que la campagne électorale s’intensifie, que la course à la mairie se resserre. Si l’on peut observer que Projet Montréal (25%) talonne l’Équipe Coderre (30%), le véritable parti est bien celui des indécis. C’est d’autant plus préoccupant car ce chiffre connaît une nette progression, comme le démontre Qc125 :

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Si l’on recoupe les chiffres, 3 raisons expliquent cette forte indécision à un peu plus d’un mois du scrutin :

1. Le mauvais timing et la faible couverture médiatique

Si l’indécision progresse de 34% à 41% de juin à septembre, c’est probablement car la campagne – éloignée du centre des préoccupations quand l’été s’en vient – ne pénètre toujours pas les consciences alors que l’été s’en va. D’autant plus que la campagne municipale rivalise avec d’autres rentrées : celle de l’Assemblée nationale au niveau provincial et celle de la Chambre des communes au niveau fédéral. Bien qu’il existe des journalistes attitrés aux affaires municipales, il leur est difficile dans ce contexte de tirer la couverture médiatique sur des enjeux plus politiques.

2. Une élection impopulaire

D’une manière générale, les enjeux municipaux occupent très peu de place politique. Cette impopularité est due à des raisons structurelles, notamment par la division du travail politique poussée à l’extrême au Canada où les partis se spécialisent selon que le niveau de gouvernement (fédéral, provincial et municipal). Cette spécialisation de la politique par niveau a tendance à accroître l’autonomisation des champs politiques, avec finalement que peu de ponts pour les relier. Pas étonnant que l’indécision soit donc plus marquée dans les populations moins intégrées politiquement : les jeunes (43%) et les non-francophones (53%).

3. La faiblesse de l’offre politique

L’impopularité tient finalement à une très faible politisation des enjeux municipaux, puisqu’il est difficile de les relier avec une offre exprimée en fonction de clivages idéologiques (gauche/droite) ou nationaux (souverainisme/fédéralisme). Pourtant, les quatre partis en lice (et non trois comme le sondage l’indique) : Projet Montréal, L’Équipe Denis Coderre, le Vrai Changement Pour Montréal et Coalition Montréal, incarnent chacun une position identifiable :

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Sauf que la ligne entre «municipalisme» (ville à dimension humaine) et «mégalopolisme»  (ville à dimension mondiale) n’intéresse que les personnes d’ores et déjà réceptives aux enjeux municipaux. L’offre politique est faible puisqu’elle ne parvient pas à intéresser une vaste partie de la population montréalaise.

Si elle veut gagner, Valérie Plante (Projet Montréal) a donc intérêt d’insister sur les enjeux municipaux pour rejoindre les indécis, Jean Fortier (Coalition Montréal) est bien obligé de donner un coup de pied dans la fourmilière en critiquant le «marchandage» s’il veut exister, tandis que Denis Coderre (L’Équipe Denis Coderre) doit maintenir son cap.  Pour ce qui est de Justine McIntyre (Vrai Changement Pour Montréal), elle a eu raison de se concentrer sur une stratégie d’arrondissements, mais elle disparaît alors de la game.

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