La fin des universités d’été

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La politique est rythmée par des rites, parsemée de symboles. Les analystes – et au premier rang desquels figure votre serviteur – ont tendance à suspecter quelque chose lorsque les rites dérapent et que les symboles ordinairement associés à ceux-ci s’évadent.

Parmi ces rites, la « rentrée » politique donne lieu à une série d’événements, dont les fameuses « universités d’été » qui annoncent, voire célèbrent, un nouveau cycle politique.

Pourtant, voici deux ans de suite que le Parti socialiste (PS) trouve une excuse pour éviter de les organiser. L’an dernier, des « raisons de sécurité » avaient été invoquées. Cette année, les caisses seraient vides… Du côté de la droite, Les Républicains (LR) et le Front National (FN) abandonneraient également ce format. Manque de moyens et divisions insurmontables, dit-on ici et là.

Allant comme toujours vite en conclusions, des commentateurs annoncent déjà  la fin des universités d’été. À les lire, ce genre de rendez-vous serait suranné, devenu bien peu convainquant face aux partis « non-traditionnels » qui, à l’aide du grand machinbiduling (ou l’usage de mot en anglais pour signifier la différence, l’efficacité, l’innovation et autre, tout ça dans la continuité du Marché), feraient mieux. Probablement, si La République En Marche (LREM) se serait prêtée au jeu, ses chiens de garde auraient aboyé différemment.

En dépit de leur désintérêt partisan et/ou de leur réduction intellectuelle, la non-traditionnelle France Insoumise (FI) organisera sa première grand-messe. Et quid de Podemos en Espagne pourtant jugée « originale » par ces mêmes annonciateurs de la fin de la politique et de la mort de la gauche, qui s’astreint chaque année à l’exercice ?

Bref, la « disparition » des universités ne tient pas à la contingence ou à une manière de faire de la politique passée de mode. Elle est stratégique. Au PS, les cadres du parti cherchent à se débarrasser de ce qui reste de l’aile gauche qui a encore de l’influence, surtout dans ces rendez-vous partisans encore fortement chargés symboliques. Pour LR, les ténors souhaitent ne pas entretenir le débat alors qu’un groupe parlementaire dissident – insistons – n’attend que ça.

Enfin, que les uns et les autres se rassurent : le Mouvements des entreprises de France (MEDEF) tiendra son université d’été

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